En petite couronne parisienne, la décote liée à un mauvais DPE ne dépasse généralement pas 5%, contre 20 à 25% dans des régions moins tendues comme l’Oise. À l’inverse, les logements bien classés n’y bénéficient en moyenne d’aucune plus-value significative, la tension du marché absorbant l’impact du DPE sur les prix dans les deux sens. En Auvergne-Rhône-Alpes, cet impact se situe entre ces deux extrêmes. Nous détaillons ici comment la décote énergétique varie concrètement selon votre secteur, dans nos trois zones d’intervention : Île-de-France, Oise et Rhône-Alpes.
Île-de-France : un marché tendu qui absorbe la décote
Dans les départements de la petite couronne parisienne (75, 92, 93, 94) et plus largement en Île-de-France (77, 78, 91, 95), la tension du marché immobilier limite fortement l’impact du DPE sur les prix immobiliers. La décote observée sur les logements classés F ou G n’est généralement que d’environ 5%, contre 20 à 25% dans des régions moins tendues. Certaines études vont plus loin : à l’échelle de la région, les logements bien classés (A ou B) ne bénéficieraient en moyenne d’aucune plus-value significative par rapport à un bien classé D, contrairement à la tendance nationale où l’écart peut atteindre 10% pour les maisons.
Cette spécificité francilienne ne signifie pas que le DPE est sans conséquence : elle traduit surtout le fait que la rareté des biens et la forte demande pèsent davantage dans la négociation que la seule performance énergétique. Le calendrier réglementaire (interdiction de location dès 2025 pour les logements classés G) reste, lui, strictement identique partout en France et s’applique pleinement en Île-de-France.
Cette réalité varie aussi à l’intérieur même de la région : la petite couronne (92, 93, 94) concentre l’essentiel de cet effet d’absorption, tandis que la grande couronne (77, 78, 91, 95), moins tendue, se rapproche davantage du comportement observé dans l’Oise, avec une décote parfois plus marquée sur les biens excentrés ou mal desservis.
Oise : une décote plus marquée qu’en Île-de-France
Dans l’Oise, département moins tendu que la petite couronne parisienne, la décote énergétique se rapproche davantage de la moyenne nationale observée dans les zones rurales ou périurbaines, soit un écart de 20 à 25% entre un logement classé F ou G et un bien équivalent mieux classé. Cette différence s’explique par une offre plus abondante et des délais de vente généralement plus longs, ce qui laisse davantage de place à la négociation sur la base du DPE.
Pour un propriétaire de l’Oise, cela signifie qu’un projet de rénovation énergétique a statistiquement plus de chances de se traduire par un gain de valeur visible à la revente que pour un bien équivalent en petite couronne parisienne.
À titre d’exemple, à Beauvais et dans son bassin, un bon DPE (A, B ou C) peut valoriser un bien de 5 à 15%, tandis qu’un DPE médiocre (F ou G) entraîne une décote de 10 à 20%, une fourchette cohérente avec la moyenne départementale. À Compiègne, la part de passoires thermiques dans les transactions récentes est en recul (-5 points depuis 2021), signe que le mouvement de rénovation du parc commence à se refléter dans les statistiques locales.
Auvergne-Rhône-Alpes : un impact modéré, mais réel
Dans le Rhône et les départements limitrophes (Ain, Isère, Loire, Savoie), l’impact du DPE sur les prix immobiliers en Auvergne-Rhône-Alpes est généralement décrit comme modéré comparé à d’autres régions françaises, sans toutefois disparaître. Le marché de l’agglomération lyonnaise, plus tendu que les zones rurales alentour, se rapproche par certains aspects du comportement observé en Île-de-France, tandis que les secteurs plus ruraux de l’Ain ou de la Savoie suivent une logique plus proche de celle de l’Oise.
Ce chiffre moyen masque cependant de fortes disparités locales, y compris à l’intérieur d’un même département. Dans l’Ain par exemple, le Pays de Gex, frontalier avec la Suisse, affiche des prix proches de ceux de Lyon intra-muros, avec une pression du marché qui peut atténuer l’effet du DPE comme en petite couronne parisienne. À l’inverse, la Bresse ou le Bugey, moins tendus, se rapprochent davantage du comportement observé dans l’Oise. La logique n’est donc pas seulement régionale : c’est bien la tension du marché local, à l’échelle de la commune, qui détermine l’ampleur réelle de la décote énergétique.
Combien ça représente en euros selon votre secteur
Les pourcentages de décote prennent tout leur sens une fois rapportés aux prix réels de chaque marché. Pour une maison de 100m² :
- En Île-de-France (prix médian ~3 700€/m²) : une décote de 5% sur un bien à 370 000€ représente environ 18 500€.
- Dans l’Oise (prix médian ~2 200€/m²) : une décote de 20 à 25% sur un bien à 220 000€ représente entre 44 000 et 55 000€ — soit un montant en euros souvent supérieur malgré un prix de départ plus faible.
- En Auvergne-Rhône-Alpes, l’écart entre départements est encore plus marqué : le prix médian varie de 1 574€/m² dans la Loire à 3 806€/m² dans le Rhône, et jusqu’à 5 038€/m² en Haute-Savoie. Une même décote de 15% représente donc un montant très différent selon que le bien se situe à Saint-Étienne, à Lyon ou à Annecy.
Ce constat est contre-intuitif mais important : un pourcentage de décote plus faible en valeur relative (comme en Île-de-France) peut malgré tout représenter un montant en euros comparable, voire supérieur, à une décote plus élevée en pourcentage dans un marché moins cher. C’est pourquoi une estimation chiffrée sur votre bien précis reste plus utile qu’une moyenne, quelle qu’elle soit.
Tableau de synthèse par zone
- Île-de-France (77, 78, 91, 92, 93, 94, 95) : décote F/G d’environ 5%, plus-value quasi nulle pour les bons DPE
- Oise (60) : décote F/G de 20 à 25%, proche de la moyenne nationale
- Rhône-Alpes (69, 01, 38, 42, 71, 73, 74) : impact modéré, variable selon la tension locale (agglomération lyonnaise vs zones rurales)
Ce qu’il faut retenir pour votre projet de rénovation
Avant d’engager des travaux dans une optique de valorisation, il est essentiel de tenir compte de la tension du marché local plutôt que d’appliquer une moyenne nationale à votre bien. Un même projet de rénovation énergétique n’aura pas le même impact sur le prix de revente selon que le bien se situe en petite couronne parisienne ou dans l’Oise. Nous détaillons la méthodologie complète de calcul de la plus-value après rénovation énergétique sur notre page pilier, et le cas particulier du passage d’un DPE F à D si votre logement est concerné par l’échéance 2028. Si vous hésitez entre rénover et vendre en l’état, notre article dédié aux logements énergivores détaille les deux options selon votre situation.









